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Années 1950-60 : Ère Étienne Rivoallan

En 1949, l’un des premiers cercles celtiques d’après-guerre est créé au cœur du pays plinn, à Bourbriac par l’abbé Le Saint, du collègue de Saint-Antoine et Joseph Cadoudal, commerçant. En son sein, une formation musicale traditionnelle, Bagad Paotred Boulvriag, composée de binious braz (trois bourdons), bombardes et d’une batterie (caisses claires et grosse caisse), accompagne les danseurs. Georges Cadoudal en fait partie.

Le jeune Étienne Rivoallan rencontre Georges Cadoudal et ce dernier lui apprend à sonner la bombarde et se spécialise dans la dañs plinn. Tous deux remettent au goût du jour le fest-noz et fondent le bagad de Bourbriac en 1953. Ils forment des sonneurs au sein de l’école privée Saint-Antoine. Le bagad se compose ainsi principalement de jeunes issus du pensionnat. Georges Cadoudal en est le penn-soner jusqu’en 1964.

Les couples de sonneurs traditionnels influencent certains des premiers bagadoù. L’héritage est revendiqué par les cadres de la BAS, et c’est aussi d’eux que les instruments et une partie du répertoire proviennent, mais il devient difficile de concilier leurs styles avec un besoin de standardisation, et une opposition entre Anciens et Modernes apparaît. Un courant de pensée s’impose dans le courant des années 1950, voulant emprunter le répertoire, mais tout en exploitant les possibilités orchestrales, et donc de ne pas se limiter à un « couple multiplié ».

Le bagad Bourbriac est le principal groupe à revendiquer cette influence, en s’opposant à Brest-Saint-Marc, la Kevrenn Brest Ar Flamm ou à la Kevrenn de Rennes. Il se singularise par son ancrage rural, la plupart des groupes actifs à l’époque étant implanté dans de grands centres urbains de la région, ce qui le rend plus proche des sonneurs de tradition. Ses compositions restent proches des airs locaux, y compris des airs chantés, et son registre comporte très peu d’airs récents, contrairement à d’autres groupes. Le bagad reste à l’écart des innovations de l’époque, n’utilisant ni notation musicale, ni arrangements d’airs, ni ornementations comme cela est le cas dans les techniques de jeu écossaises. La première cornemuse écossaise n’arrive dans le groupe qu’en 1958.

Le bagad débute les concours du championnat des bagadoù en 1955, en troisième catégorie junior. En 1958, lorsqu’Étienne Rivoallan quitte Tréguier pour s’installer à Bourbriac comme sculpteur puis comme luthier, il forme les élèves de l’école Saint-Anne pratiquement tous les jours ce qui permet à l’ensemble de progresser rapidement. Bourbriac remporte la première place (premier ruban) du concours de seconde catégorie devant Saint-Malo et Redon en 1960, accédant ainsi à la première catégorie. En 1962, il est champion des bagadoù de première catégorie, déclassé au profit de la Kevrenn Brest Ar Flamm à cause de la non présence de tambour ténor. La disparition accidentelle d’Étienne Rivoallan en 1961 entraîne des errements au sein du groupe qui est relégué en seconde catégorie en 1966. Il fusionne avec le bagad Gwengamp et obtient sa remontée dans l’élite en 1967. En 1968, le cercle arrête subitement son activité, dans une période d’exode rural massif, et en 1970 le bagad cesse définitivement toute activité, à la suite du concours de Brest en première catégorie. Les enfants des anciens sonneurs tentent de reformer au sein du cercle celtique de Joseph Cadoudal le « Bagad Étienne-Rivoalan », mais le groupe participe à son unique concours en 1977, en troisième catégorie lors du festival interceltique de Lorient.

Depuis 1995 : Le Bagad Boulvriag

Un nouveau bagad renaît en 1995 à Bourbriac, sous l’impulsion de son président Dominique Roué, qui suivait des cours de bombarde depuis l’ouverture du Centre culturel breton Rivoalan-Cadoudal en 1992. Les sonneurs débutants réalisent leur première sortie en mars et prennent leur autonomie en juillet 1995 avec le soutien moral et financier du Centre culturel breton et de la municipalité de Bourbriac. 

À la rentrée 1996, l’effectif de l’école de musique du bagad est de 70 élèves. En 1997, le groupe briacin décide de participer au championnat des bagadoù organisé par BAS, en 4e catégorie, sous la responsabilité musicale de Jean-Pierre Quenec’h Du. Sous la direction de Céline Le Bizec depuis 1998, les sonneurs, dont la moyenne d’âge est d’une vingtaine d’années, s’ouvrent à des influences modernes, avec des inspirations jazz, africaine…

En 1999 il remporte le concours départemental de 5e qualificatif pour Lorient et en 2000, il termine à la première place du championnat, mais la note de 15,6 au lieu de 16 minimum l’empêche de monter en 4e catégorie. Membre de la fédération départementale BAS 22, le bagad concours en 5e catégorie pour le titre de champion des Côtes d’Armor, qu’il décroche en 2002 et 2003.
Boulvriag monte en 4e catégorie en 2003, avec la note de 18,2 (un 18 n’ayant été attribué qu’une seule fois en dix ans), avec comme penn-soner une jeune femme de 23 ans, Céline Le Bizec. Trente membres rejoignent ses rangs à la rentrée suivante, pour un total de 75 adhérents. 

Boulvriag monte en 3e catégorie en 2005. En 2006, Fabien Le Bris, jusqu’alors penn-soner du Bagad de Lann-Bihoué, remplace Cédric Le Bozec à ce poste. En 2012, Ivonig Le Meut dirige l’ensemble jusqu’au retour de Cédric Le Bozec en 2014. L’été 2015, le bagad monte en deuxième catégorie, 20 ans après sa création et 10 ans après son accession en 3e catégorie. 
Un bagadig, bagad école, est créé en 2017, sous la direction de Pascal Henaff, ainsi qu’une section féminine du bagad, Roz Merc’hed, pour notamment accompagner sur scène le groupe Soldat Louis.

Avec l’aide de Dominique Molard, le bagad intègre au pupitre percussions le steel-drum, l’angklung, le hang, des cajón et des sabots. Champion de 2e catégorie en 2018, le bagad accède à l’élite des bagadoù, la première catégorie. Cette victoire, dans le cadre du festival interceltique de Lorient, est retracée dans un reportage de l’émission Des racines et des ailes.